Publié par : Constant | Dimanche 8 juin 08

Du lieu d’implantation comme facteur d’augmentation du revenu

Dans les premières étapes de la réflexion qui mènera à la création de mon entreprise, je commence à me poser quelques questions essentielles. Simples, mais essentielles. La première : est-ce rentable ?

Admettons que j’imagine commencer, la première année, avec un chiffre d’affaire prévu de X€. On peut considérer de manière simplifiée que mon revenu sera de X€ – (les charges & cotisations sociales + les frais fixes de l’entreprise).
Si je suis capable d’estimer la somme X€ (ou en tout cas il va le falloir), capable d’estimer aussi combien la location d’un bureau, l’achat d’un ordinateur, d’un fax, une imprimante et un abonnement téléphonique pourraient me couter, le grand mystère plane toujours sur les charges & cotisations sociales.

Le gouvernement (celui là et celui d’avant) ou les collectivités locales proposent divers dispositifs d’aides pour les jeunes entreprises, liés au lieu d’implantation de l’entreprise:

- les ZAC – Zones d’Aménagement Concerté. Une collectivité locale (Ville, Département, Région…) peut décider de faciliter l’implantation d’entreprises sur un secteur spécifique. Pour faciliter cette implantation, la collectivité met un place des aménagements urbains (bâtiments prêts à être loués, voies d’accès, commerces, logements…), mais il ne s’agit pas d’aides financières. S’implanter dans une ZAC seule reviendrait donc à choisir un site confortable, et adapté, mais n’améliore pas directement les finances.

- les ZUS – Zones Urbaines Sensibles. Dans le cadre de la re-dynamisation de certains espaces urbains, et surtout des quartiers en difficulté, les pouvoirs publics (l’Etat) ont choisi de concentrer l’aide sur certaines zones prioritaires, dont la population présente des niveaux de pauvreté importants. Parmi les ZUS, il y a deux types de ’sous-zones’ :

- les Zones de Redynamisation Urbaine. Il s’agit de zones prioritaires dans lesquelles le taux de chômage est élevé, le nombre de diplômés est moins élevé qu’ailleurs, et la fiscalité est très basse. Ces zones sont au nombre de 416 – le programme des aides pour les entreprises se créant ou s’installant dans ces zones se termine fin 2008 (sera-t-il renouvelé?). Il est largement avantageux et propose quelques importantes exonérations.

- les Zones Franches Urbaines. Il s’agit de zones ultra-prioritaires dans lesquelles le taux de chômage est encore plus élevé, le nombre de diplômés est enocre moins élevé qu’ailleurs, et la fiscalité est encore plus basse que dans les ZRU (ci-dessus). Le nombre de ces zones qui nécessitent une aide encore plus prioritaire a été porté à 100 au 1er août 2006. Les programmes d’aides qui sont encore plus avantageux ici, sont disponibles jusqu’en 2011.

Pour en savoir plus, les différentes exonérations de charges et cotisations proposées sont résumées dans ce document, qui émane du ministère de la Ville (trouvé ici), bien que malheureusement il ne soit sans en-tête ni signature.

- les Hôtels d’Entreprises – Enfin (et je note ce dispositif ici comme s’il s’agissait d’un dispositif d’aide formel ce qui n’est pas le cas mais presque), on trouve dans certaines villes des Hôtels d’Entreprise. En clair, il s’agit de proposer (avec souvent le soutien des collectivités locales ou des CCI) à de jeunes entreprises des locaux moins chers qu’ailleurs, avec des équipement communs, dans des sites généralement agréables ou pratiques, et sur des baux adaptés à la phase de croissance de l’entreprise (24 mois par exemple).

Alors que choisir ? Et surtout, qu’est ce qui est disponible pour moi ? La nature de mon activité (du conseil en communication, de la réalisation événementielle, etc) base mon entreprise sur un secteur géographique particulier, aussi (peu) étendu que peut l’être mon carnet d’adresse. Je suis donc dans une logique d’implantation qui m’interdit de chercher un bon plan trop loin : il me faudra donc chercher les possibilités à proximité, ou laisser de côté ces aides.

En regardant les options disponibles dans ma zone géographique, je vois que je pourrais avoir accès aux dispositifs suivants :
- quelques ZRU – mais il faudrait créer mon entreprise avant fin 2008
- une ZFU – mais dans un quartier résidentiel sensible forcément un peu stigmatisé
- plusieurs ZAC – dont une en bordure de la ZFU mentionnée ci-dessus, et une autre comprenant une Hôtel d’Entreprise.

Après la description des offres ci-dessus, il semblerait bien sûr que le secteur le plus attractif pour moi serait celui qui comprend une ZAC en bordure d’une ZFU. Parce que le lieu offre à la fois un accueil parfaitement adapté aux entreprises, qu’il propose également de très belles réductions sur les charges et cotisations, et qu’après tout il n’est qu’en bordure du quartier sensible.

Mais rentrent également en ligne de compte d’autres critères, non économiques. Ai-je peur de m’installer dans un quartier vraiment difficile ? Quelles dépenses supplémentaires (sécurité, télésurveillance…) est-ce que cela induit ? Ces éléments aussi seront à prendre en compte le moment venu. Peut-être également que je pourrais poser la question à des entrepreneurs déjà établis en Zone Franche ? (si c’est votre cas, signalez-vous en commentaire de ce billet !)

Quoiqu’il en soit, il est certain que l’implantation géographique ne doit pas être prise à la légère, puisqu’elle permet de ménager quelques substantielles économies sur les charges ou cotisations, qui permettent in fine d’augmenter le bénéfice de l’entreprise, et les ressources de l’entrepreneur…

A suivre !


Réponses

  1. [...] Du lieu d’implantation comme facteur d’augmentation du revenu [...]

  2. [...] à des prélèvements moins importants (surtout si je m’installe dans une zone aidée cf billet d’hier), je peux même envisager d’augmenter mon revenu. J’en profiterais pour devenir [...]


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